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Le village à travers les siècles
L’origine et l’histoire du
village
Les maires
Lexique
Définitions
Son clocher penché, disparu en 1899, a
fait le délice des peintres. Les villages d’Écouen,
Bouqueval, Fontenay-en-France et Le Mesnil-Aubry marquent ses
limites. Sa population, de tout temps rurale, n’a jamais
dépassé les deux cents âmes et atteint aujourd’hui moins
d’une centaine d’habitants. Il est situé par-delà
Ecouen, dans un pays de labourages qui fut au diocèse de Paris, en
pays de France.
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Implantation
humaine
Des traces d’occupation humaine se révèlent nombreuses.
Des fragments d’outils lithiques (silex taillés) et de
céramiques découverts sur tout le territoire s’échelonnent du
Paléolithique au Moyen Âge. L’époque gallo-romaine est
attestée par plusieurs villae (domaines
ruraux), notamment aux Thuileaux, site qui a fait l’objet
d’une fouille par la JPGF (1972). A noter
que l’avenue de Beaumont, longeant ce lieu-dit, est une
ancienne voie romaine reliant Goussainville à Beaumont-sur-Oise.
Les Grandes Invasions vont ravager les
villae
. Les habitants se réfugient
dans celle qui offre le plus de sécurité ou est la moins
endommagée. L’émergence des villages va se réaliser après le
déferlement des Barbares. Les populations se regroupent aussi
auprès des lieux de culte. Proche de l’église actuelle, une
grande parcelle est désignée sous le nom de lieu-dit du Village
(sans doute à cause des vestiges qui ont marqué les esprits), du
clos appelé la Garenne (réserve de gibier, domaine de chasse
réservée) ou de l’Enclos de la Ferme (il y eut une ferme
nommée Billy, disparue avant la Révolution).
Des fouilles, menées sur cette pièce de terre par la JPGF (1976), ont mis au jour les fondations
d’un habitat médiéval où l’abondance de tessons de
céramiques et autres objets prouvent une occupation humaine. Ce
lieu fut sûrement à l’origine du village actuel. En 1973, des
fouilles pratiquées dans la nef de l’église ont mis en
évidence des inhumations en cercueils de bois. Précédemment, les
ossements d’autres sépultures avaient été rassemblés pour
faire de la place. Epars dans les terres, des fragments de poteries
funéraires de la fin du XIIIe et du XIVe siècle et de vitraux, plus
anciens, prouvent la présence d’un lieu de culte –
chapelle – plus ancien à cet endroit.
Pendant plusieurs siècles et jusqu’au milieu du XVIIIe
siècle, la grande rue du Plessis-Gassot sépara matériellement
deux seigneuries : au sud, celle de Thiessonville (112 arpents)
appartenant aux Dames de Maubuisson,
religieuses cisterciennes demeurant en l’abbaye de
Maubuisson, à Saint-Ouen-l’Aumône, maison fondée en 1236 par
Blanche de Castille, mère de Saint Louis. Les Cisterciennes ont
acquis Thiessonville par donations de divers seigneurs du lieu,
ainsi que d’Eremburge la Panisselle, qui se fait religieuse à
Maubuisson (1274). Plus tard, cette abbaye accueillera deux jeunes
filles Chartier, le père de l’une
étant laboureur de ces Dames. Thiessonville est réunie au
Plessis-Gassot, il ne restait alors que la chapelle
Saint-Leu-Saint-Gilles et un abreuvoir. En 1974, Thiessonville sert
de décharge, et plus aucune trace ne subsiste. Au nord, la
seigneurie du Plessis-Gassot va passer aux mains des Blancs-Manteaux.
Ci-dessus : Cour intérieure de la ferme de Sautour. Au-dessus des
premières arcades,
de gauche, la salle où les Blancs-Manteaux rendaient la
justice
.
-
Origine du
toponyme
L’origine du nom du village est très ancienne. Plessis, du latin plectere ou
plectare, tresser, entrelacer les branches. Un
plessis ou une plesse est une
sorte de haie aux branches entrelacées, servant de clôture à une
propriété ou un territoire plus vaste. Il est formé de bois mort
et/ou de bois vif épineux tressé pour le rendre infranchissable aux
hommes et aux bêtes. C’est aussi un système léger de
fortification qui retarde l’assaillant.
Par la suite, les Plessis ont été distingués par le nom de leur
seigneur : Le Plessis-Bouchard, Le
Plessis-Hébert,
Le
Plessis-Gassot
.
Gassot
, diminutif de
Gasce, prénom porté par plusieurs seigneurs de Poissy, qui
sont possesseurs du village à la fin du XIe siècle.
Nombreux sont les Plessis en France ainsi qu’en
Europe, mais leur population est peu importante. Le
Plessis-Luzarches (95), Le Plessis-Belleville (60), Plessé (44), Le
Plessier-Huleu (02), Plessala (22) ou Pless (Pologne), Plessa
(Allemagne), Plessisville (Canada), etc. Bien entendu, ce toponyme
(nom de village) devient anthroponyme (patronyme, nom
d’homme), Plessis, Plessier, Plessy, Duplessis,
Plessis-Praslin, Plessis-Rohan, etc.
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Eglise
Construite à l’emplacement d’une chapelle du XIIe
siècle, elle est édifiée vers la fin de la première moitié du XVIe
siècle. Sous le patronage de la Sainte Vierge, elle est nommée
Notre-Dame des Blancs-Manteaux dans
les documents anciens. Elle est bâtie de belles pierres calcaire.
Son architecture Renaissance est sobre et simple. Elle ressemble
aux églises du Mesnil-Aubry, d’Attainville ou de
Mareil-en-France dues, également, à l’architecte Nicolas de
Saint-Michel, né à Luzarches vers 1520 et mort en 1590. Celui-ci
est très influencé par les œuvres de Serlio et de Vitruve.
L’édifice comporte deux collatéraux aux fenêtres éclairées
par des grisailles. On aperçoit à la clé de voûte un écu chargé de
six roses, et plus loin sur une travée du chœur : 1575, date à laquelle l’église fut restaurée
après avoir souffert des guerres de Religion. À la suite de la
bataille de Saint-Denis, les Huguenots, dans leur retraite,
emportent moult objets religieux, profanent et incendient
l’église. Le Roux, le vicaire, a consigné les faits dans le
registre paroissial du mois de septembre 1567. Mais aussi les
troupes royales, vivant sur le pays, avaient causé maints dégâts.
Au-dessus du portail principal à l’extérieur, une plaque de
marbre noir signale la fin des gros travaux en 1682. La décoration
intérieure n’est d’ailleurs pas terminée : sur trois
piliers proches du chœur, les tailloirs sont bruts et
attendent encore le ciseau du tailleur de pierre.
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Mobilier
Des plaques funéraires en marbre sont fixées, l’une sur un
pilier à l’entrée portant cette mention ICY GIT, /LAURENT
MICHEL/ LABOUREUR RECEVEUR / DE MESSIEURS LES BLANC MANTEAUX /
SEIGNEUR DE CE LIEU, DECEDE LE 3 FEVRIER 1756 AGE
DE 43 ANS. / Requiescat in pace. L’autre est
disposée sous le clocher, à droite, dont l’inscription est un
véritable roman, louant les mérites chrétiens du défunt, François
Chartier, chrétien exemplaire, époux fidèle, père tendre, maître
bon, ami sincère, etc. Il était laboureur des dames de Maubuisson. Cette inscription diffère en
cela de la plupart des épitaphes, qui soulignent les actes publics
des morts plutôt que leurs qualités et recommandent les âmes à
Dieu. Dans le collatéral gauche, les fonts baptismaux, en marbre
noir veiné de blanc, sont constitués d’un pied en balustre et
d’une cuve circulaire fermée par un couvercle formé de deux
parties hémisphériques. On remarque aussi quelques statues en bois
polychrome : saint Nicolas, saint Roch, saint Sébastien qui
protègent les habitants ou les animaux domestiques de certains maux
(maladies, intempéries, accidents) et un joli chœur formé de
panneaux polychromes en chêne avec des scènes de la vie du Christ
et des médaillons représentant les apôtres. Deux retables,
élégants, sculptés en pierre et en bois sont des XVIe et XVIIe
siècles. Dans le clocher est logée une cloche portant cette
dédicace : En l’an 1601, je fus faite et suis nommée
Marie du temps de M. Simon Chulot prêtre curé de séant. Étant alors
marguilliers Acquilin Bonnefoy, Pierre Gressier. C’est
la seule des quatre que la Révolution ait consenti à laisser pour
servir à l’appel des citoyens, mais aussi en cas
d’incendie. Le clocher, plus élancé, penchait, faisant le
délice des peintres de la région, nombreux au tournant du XXe
siècle. Dans le bas-côté méridional, des dalles funéraires
enchâssées dans le pavage du sol, il ne reste que celle du curé
Mathieu Robretain, mort en avril 1455, cassée en quatre parties et
celle de Georges Pruvost, décédé 13 septembre 1584.
L’inscription en lettres gothiques court sur le pourtour de
la pierre et le curé est représenté en habit sacerdotal.
Le Christ au Jardin des Oliviers
(B.N.).
Le plessis (plesse = haie) est constitué
de piquets verticaux et de branches
entrelacées
.
L’origine et l’histoire du
village
Un document de 1196 relate le procès
concernant les dîmes entre Saint-Martin-des-Champs et Saint-Martin de Pontoise
d’une part et les chanoines de Saint-Denis-du-Pas à Paris,
d’autre part. Ce document explique que l’actuelle
église du Plessis-Gassot fut jadis une chapelle de
Fontenay-en-France et que maintenant c’est l’église
mère – c’est-à-dire qu’elle est devenue
l’église du territoire du Plessis-Gassot. Démembrée de
Fontenay, elle est devenue une commune à part entière.
Contrairement à ce que l’abbé Lebeuf
pensait. Il voyait plutôt la cession d’une parcelle du
Mesnil-Aubry ou de Bouqueval pour constituer le village. Mais
aucune source, comme il en convient, n’étaie sa proposition.
Le Plessis-Gassot fait partie aux XIIIe-XIVe siècles du domaine
royal. Philippe V le Long, vers 1320, en fait présent à Simon de Mauregard puis à son fils Thibaud.
En 1333, la seigneurie est entre les mains de Philippe de Trie, seigneur de Fontenay et de
Mareil. Philippe de Trie la vend à Gilles
Malet, seigneur de Fontenay et Villepêche. Gilles d’Azincourt en jouit en 1442. La
seigneurie passe en diverses mains et, en 1460, Arnould Boucher,
puis Étienne Boucher la détiennent. Puis, ce domaine passe par
succession en 1492, à Antoine Robert, l’un des quatre
notaires et secrétaires de François Ier. Le 15 juillet 1521,
conjointement avec son épouse Marguerite Boucher d’Orsay, il
lègue la seigneurie aux Guillemites de
Paris, couvent de Saint-Guillaume puis des Blancs-Manteaux. Le couple demande pour
cela une messe perpétuelle avec le salut Ave verum. Ces
Guillemites, appelés par la suite Blancs-Manteaux, appartiennent à
un ordre mendiant. Antoine Robert aurait légué sa seigneurie de 650
arpents afin qu’ils n’aient plus à mendier. Les
Blancs-Manteaux comparaissent comme seigneurs à la Coutume de Paris
en 1580. Ces religieux n’habitent pas le village et afferment
leurs biens depuis leur couvent à un laboureur. Ce dernier devient
laboureur-receveur pour les Blancs-Manteaux. Il est chargé de
recevoir et de percevoir les redevances, les prestations en nature
et en argent à leur place et de les porter en leur couvent de
Paris. Il est leur représentant, petit chef de village. Une
dynastie se forme, on devient laboureur-receveur des religieux de
père en fils. Ils ont pour nom : Chartier.
À la Révolution, ils achètent comme biens nationaux les bâtiments
et les terres confisqués aux religieux. Cette famille reste à la
tête du village jusqu’en 1940 avec Fernand Chartier, maire, révoqué par
Vichy. Cette famille n’exercera plus aucune fonction
municipale.
Les
Blancs-Manteaux, hauts justiciers, rendent la justice en leur ferme
de Sautour où ils disposent
d’une salle à cet effet. Le fief de Billy comporte aussi une
ferme. Ils ne repartent jamais de leur seigneurie s’en
emporter pommes, poires, chapons et légumes. En 1768, les multiples
conflits avec les seigneurs de Bouqueval poussent les
Blancs-Manteaux à abandonner leur titre de seigneur pour échanger
Le Plessis-Gassot avec le prince de Condé, seigneur d’Écouen
et qui cherche à étendre sa juridiction. En échange, il promet une
terre d’un revenu de 600 livres par an. Affaire qui doit se
réaliser dans les dix ans. Louis XV donne son accord, Condé est
libre de mener toute transaction. Las ! Son Altesse Sérénissime le
prince de Condé tarde à fournir les terres promises. Elle
s’acquitte cependant régulièrement de la rente et des devoirs
féodaux, mais les religieux s’inquiètent et entament un
procès. Ils chicanent et tergiversent tant que la Révolution met un
point final à la procédure. Les Ursulines détiennent deux petites fermes à
l’entrée du village. Les Potier deviendront par alliance seigneurs du
Plessis-Gassot.
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Les guerres
mondiales
Les deux guerres mondiales n’épargnent pas les hommes du
village qui sont enrôlés et doivent quitter leur exploitation. Les
femmes vont en prendre énergiquement les rênes. Bien que non
préparées, elles assument, seules, toutes les tâches agricoles du
labourage, des semailles, des récoltes, de l’entretien des
animaux et de l’écoulement des produits. Au cours du premier
conflit deux soldats furent tués en 1916 dans la Somme : Pierre
Dorléans et Emile Aubert. Lors de la Seconde Guerre mondiale
des officiers et des soldats de l’armée américaine trouvent
la mort dans un accident d’aviation, le 18 janvier 1945. Dans
le cimetière, un monument rappelle leur sacrifice. Des suites de
captivité, Jean Lermuseau, du Plessis-Gassot, décédait le 16 juin
1945.
Ci-dessus : Notre-Dame des Blancs-Manteaux.
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Les maires
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1787 - 1790
Chartier Antoine Benoît
1790 - 1791
Dumont Jacques
1791 - 1792
Oudart
Claude
1792 - 1794
Delion
Louis
1794 - 1799
Delaunay Nicolas
1799 - 1800
Michel
Jean-François
1800 - 1816
Chartier Antoine François
1816 - 1830
Chalot
Alexandre
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1830 - 1884
Chartier Pierre-Louis
1884 - 1889
Chartier Pierre François
1889 - 1913
Chartier Albert
1913 - 1940
Chartier Fernand
1940 - 1945
Leduc
Louis, Président de la délégation spéciale
1945 - 1953
Villette Jean
1953 - 1995
Bonneau Maurice
1995
- 2008
Moret Michel
2008
-
Guevel Didier
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Lexique
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Bibliographie
- Baduel Daniel, Le
Plessis-Gassot : recherche sur l’origine du mot plessis.
Bull. tr. JPGF. Villiers-le-Bel 1996.
- Baduel Daniel, Essais sur Le
Plessis-Gassot : finage et étymologie. In Bull. annuel JPGF no
6. Dieppe 1976.
- Brunet Claude, Une communauté
rurale au XVIIIe siècle : Le Plessis-Gassot (Seine-et-Oise),
commission d’histoire économique et sociale de la Révolution
française (1963). Paris 1964.
- Buffévent Béatrix (de) ,
L’économie dentellière en région parisienne au XVIIe
siècle. Société historique de Pontoise. Cahors 1984.
- Dedin-Laporte P., La seigneurie
du Plessis-Gassot en Parisis. Bergerac 1934.
- Guilhermy E. (de) ,
Inscriptions de la France du Ve au XVIIIe siècle. Ancien
diocèse de Paris. Paris 1873.
- Lebeuf (abbé) , Histoire
de la ville et de tout le diocèse de Paris. Paris 1883.
- Moriceau Jean-Marc et Postel-Vinay
Gilles, Ferme, entreprise, famille : grande exploitation
et changements agricoles, XVIIe- XIXe siècle. Éditions EHESS
Paris 1992.
- Terrasse Charles, les
Œuvres de l’architecte Nicolas de Saint-Michel. Bull.
monumental 81e vol. Paris 1922.
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Définition
Villa : construction en dur, utilisant des matériaux
maçonnés, la villa apparaît comme la marque la plus
caractéristique de la colonisation romaine des campagnes en Gaule.
Au temps des Romains, domaine agricole isolé au milieu de ses
terres, sa production sert pour son alimentation et le surplus est
écoulé au marché. Cette propriété rurale s’ordonne autour
d’une cour avec habitation du maître (pars urbana),
un logis pour le régisseur, les esclaves ou des ouvriers et des
bâtiments d’exploitation : étables, écuries, granges
(pars rustica). (Remy Guadagnin, l’Origine du
village en pays de France. EHESS, s.d. ) Aujourd’hui
maison de plaisance sur la côte.
Le
Plessis-Gassot : le village actuel
est situé à proximité d’une villa assez
importante,vicus routier, implantée en bordure de l’avenue de
Beaumont, voie antique joignant Arnouville à Beaumont et peut-être
au-delà vers Gisors. Cette villa, dite des Thuileaux, à
cause des débris de tuiles gallo-romaines (tegula et
imbrex) que la charrue mettait au jour, a fait
l’objet d’une fouille en 1971 par la JPGF.
J.P.G.F. : Jeunesse Préhistorique et Géologique de France,
association de bénévoles loi de 1901. Cette fouille fut dirigée par
Remy Guadagnin, président de la section de
Villiers-le-Bel.
Thiessonville : petit village où était une chapelle, qui paraît
avoir été assez conséquente, sous le vocable de saint Leu, évêque
de Sens. Il est associé à saint Gilles. Thiessonville figure au
Pouillé parisien du XIIIe siècle. (Abbé Lebeuf, le Diocèse de
Paris) Fief des dames de Maubuisson, toutes les terres de
Thiessonville sont affermées à Nicolas Chartier à partir de 1627 où
il fut le dernier surenchérisseur pour le bail. La famille Chartier
conserve les terres jusqu’à la Révolution. Ce bail necomprend
aucun bâtiment.
Maubuisson
: abbaye construite au lieu-dit
Aunay, qui prit le nom de Maubuisson. Le vaste fief d’Aunay
fut acquis par la reine Blanche, mère de Saint Louis, en 1237-1238.
La reine déclarait qu’elle avait fait construire ce monastère
pour constituer une abbaye de filles de l’ordre de Cîteaux.
Elle acheta une petite terre, le fief de Maubuisson, contiguë à
Robert de Maubuisson. Ce fief de Maubuisson ne tarda pas à
communiquer son nom à l’abbaye qui, depuis, l’a
toujours conservé. (Abbé Lebeuf, le Diocèse de Paris,
1883.)
Antoine Robert : il fut le principal bienfaiteur de cet ordre.
Seigneur de Bercy, il est un des quatre notaires et secrétaires
auprès de François Ier, greffier criminel en sa cour de
Parlement.
Arnould Boucher : sa veuve
Catherine Hardouin vend à Antoine Robert, le 7 avril 1491, le fief
de Billy.
Blancs-Manteaux : religieux mendiants appelé serfs de la Vierge,
établis à Marseille en 1257. Ils n’ont rien de commun avec
les servites établis en Italie. Le pape Alexandre IV demande à
l’évêque Benoît, de Marseille, de leur donner une règle.
Celui-ci leur attribue celle de saint Augustin. Connaissant les
libéralités de Saint Louis, les Blancs-Manteaux demandent à
s’établir à Paris, rue de la Vieille-Parcheminerie qui
deviendra la rue des Blancs-Manteaux. Ils furent parmi les nombreux
ordres mendiants supprimés auprès le IVe concile de Latran. Les
Guillemites de Montrouge en profitent pour revendiquer leur couvent
et intègrent les quelques Blancs-Manteaux indécis. n’ayant
pas rallié un autre ordre. Ces Guillemites, bien que vêtus de noir,
furent appelés Blancs-Manteaux. En 1618, une réforme des ordres les
fit incorporer aux Bénédictins de Saint-Maur. (J.A. Dulaure,
Nouvelle description de Paris... 1787 ; R.P. Hélyot,
Histoire des ordres religieux. Paris 1839.) Leur seigneurie du
Plessis-Gassot s’étend sur 313 arpents ou 131
ha.
Plessis : de Plexitium, haie, enceinte. Appellation
également d’un territoire ou d’un terrain fermé par des
claies. Ces sortes de cantons ont, par la suite, été désignés par
le nom du seigneur ou leur possesseur. Plesser,
verbe transitif : en Normandie, entrelacer les branches extérieures
d’une haie. Plessis désigne aussi les
anciens retranchements de bois. Voir Daniel Baduel, Le
Plessis-Gassot : recherche sur l’origine du mot
plessis.
Bulletin trimestriel de la JPGF de
1996, 30 pages, illustrations NB et une coul., en vente chez
l’auteur.
Serlio Sebastiano
: architecte et théoricien italien
(Bologne 1475 - Fontainebleau 1554). Il rassemble les plans de
Peruzzi, son maître, et de Bramante qui le marque profondément.
Seront publiés ses nombreux dessins et plans rassemblés en sept
livres dans le Traité d’architecture, paru entre
1537 et 1575. En France, il travaille pour François Ier à
Fontainebleau en 1540, et élève dans cette ville l’hôtel du
Grand Ferrare, demeure du cardinal d’Este, et le château
d’Ancy-le-Franc, dans l’Yonne.
Vitruve, Marcus
Vitruvius Pollio : architecte
romain. Son lieu et sa date de naissance sont sujets à discussion.
Il est l’auteur de De architectura. Traité dans
lequel il tenta de codifier les principes de l’architecture
hellénistique : système des proportions, utilisation des ordres,
etc. Cet ouvrage, qui constituait la seule approche théorique de
l’architecture antique, fut abondamment utilisé et interprété
par les architectes de la Renaissance, dont Nicolas de
Saint-Michel.
1575 :
cette date évoque la restauration de
l’église. Les guerres de Religion de 1562 à 1598
ensanglantèrent la région et firent de nombreux ravages.
Thiessonville fut entièrement détruit, ses habitants se réfugièrent
au Plessis et à Bouqueval. La collégiale de Luzarches fut
ravagée.
Gassot : prénom, ce chevalier Gasce ou Gassot, neveu du
chanoine Milon et de Gui du Plessis, frère survivant de Milon, doit
être le fils de l’aîné de cette famille. (Tiré des Actes
concernant Saint-Martin-des-Champs in Recueils de chartes et de
documents de Saint-Martin-des-Champs, monastère parisien in
Archives de la France monastique, vol. XVIII.) Le fils
aîné de Robert de Poissy fut Gasce, au XIe siècle, branche de
l’une des trois familles qui ont porté le nom de Poissy,
celle des Gasce. À Dugny, un fief s’appelait Gassot de
Goussainville dans un aveu de 1416.
Saint-Martin des Champs
: église fondée vers 1059 par Henri
Ier, et placée sous le vocable de saint Martin. Elle fut desservie
par un collège de chanoines séculiers et devint prieuré en tant que
fille de Cluny. C’est aujourd’hui le Conservatoire des
arts et métiers.
Saint-Martin de Pontoise
: abbaye fondée vers 1069 avec saint
Gautier à sa tête.
Saint-Denis-du-Pas : du XIIe siècle, église proche de Notre-Dame qui
avait quelques dîmes au Plessis-Gassot.
Lebeuf (abbé)
: érudit, on lui doit
l’Histoire de la ville et de tout le diocèse de
Paris. Compilation énorme, mais il ne put pas tout étudier par
lui-même d’où quelques imprécisions ou erreurs qu’il
aurait certainement relevées. D’ailleurs une publication,
Lettre à l’auteur de l’histoire du diocèse de Paris
contenant quelques remarques sur le chapitre ayant pour titre :
Luzarches & l’abbaye d’Hérivaux [par M. Le
Flamand de la Jalousierre], éditée à Genève en 1768, ne lui en veut
pas d’avoir dit fort peu de choses de notre petite vallée
de Luzarches... mais après avoir entrepris d’en rendre
l’histoire publique, ... que pour débiter presque autant de
mots que d’erreurs ... Non ! Il lui reproche
d’avoir profité de sa notoriété pour publier des
erreurs.
Guillemite
: ermite de saint Guillaume (v. 755
- 812). Un couvent de Guillemites fut érigé à Montrouge dans la
première moitié du XIIIe siècle et, par les bienfaits de Saint
Louis, d’autres serfs de la Vierge s’installèrent à
Paris en 1263, dans un monastère auquel ils communiquèrent leur
surnom populaire : Blancs-Manteaux. (Mémoire de la société
historique de Pontoise, t. II. Pontoise 1880.)
Chartier
: famille établie à Belloy dès le
XVe siècle. Certains de ses membres vont gravir les échelons de la
hiérarchie paysanne pour devenir laboureur, puis receveur des
religieux. Ils s’établissent au Plessis-Gassot par mariage.
Les Chartier vont occuper les mêmes fonctions auprès des
Blancs-Manteaux. À la Révolution, ils rachètent les biens des
religieux et se hissent à la tête de la commune en devenant maire.
Cette fonction, ils l’occuperont de père en fils
jusqu’en 1940.
Chartier Fernand :
il fut le dernier maire de la famille à
diriger le village. Comme de très nombreux maires, à l’époque
de l’État français, il fut révoqué par le régime de
Vichy.
Mauregard Simon de
: seigneur de Fontenay-en-France,
reçut cette terre du roi vers 1320 et Thibaud de Mauregard la donna
à Philippe de Trie en 1333.
Trie Philippe de :
chambellan du roi de Navarre vendit cette
terre à Gilles Malet. Trie, gros bourg du Vexin français, a donné
son nom à une ancienne et illustre maison.
Sautour
: vers 1370, ce fief appartient à
Tassin Delamotte, puis à Philippe de Reuilly et entre dans la
famille Boucher à partir de 1460. La ferme de Sautour a un lourd
portail qui ouvre sur une cour rectangulaire entourée de longs
bâtiments aux arcades régulières. Un énorme pigeonnier surmonte une
grange, indiquant le caractère seigneurial de cette ferme. Une
porte en arcade donne accès à la basse-cour, à une remise et
derrière à la grange dîmière avec sa superbe charpente en
chêne.
Malet Gilles :
Malet ou Mallet, chevalier, vicomte de
Corbeil, maître d’hôtel du roi, seigneur de Villepesche,
Soisy-sous-Étiolles, garde de la librairie royale (bibliothécaire)
de Charles V. Capitaine du château de Beaumont-sur-Oise. Il est
représenté dans l’abbaye de Bonport (Eure) sur un vitrail
avec sa femme Nicole de Chambly. En 1392, Philippe de Trie lui
vendit les seigneuries de Fontenay et du Plessis-Gassot. (Anselme,
Histoire généalogique et chronologique des maréchaux de
France. Paris).
Ursulines :
ce fief appartint à Marie du Plessis. Il
passe à la maison Potier de Blanc-Mesnil. Madeleine Luillier, veuve
de Claude Le Roux, seigneur de Sainte-Beuve et parlementaire,
offrit en 1606 au couvent des Ursulines deux fermes au
Plessis-Gassot avec les terres (133 arpents), d’où
l’appellation de ferme des Ursulines. C’est le premier
groupe de bâtiments à droite au Plessis en venant de Bouqueval.
Leur couvent est installé faubourg Saint-Jacques à Paris. Elles se
vouent à l’éducation des jeunes filles.
Billy : ce nom provient de son premier possesseur : Colart
de Billy, chevalier, seigneur de Billy-sur-Ourcq, qui possède le
fief en 1374. Son épouse est Marie du Plessis et leurs filles
Isabelle de Billy-Hardy et Clémence de Billy-Ducastel qui en
héritent. Les gendres et leurs épouses le vendent à Morice de
Reuilly et il entre par la suite dans la famille Boucher. Les
Blancs-Manteaux décident en 1782, d’abattre certains
bâtiments de la ferme menaçant ruine.
D’Azincourt
Gilles : écuyer, jouit de cette
terre en 1442. Seigneur de Fontenay-en-France.
Potier : ancienne et noble maison d’Île-de-France,
sous Charles VII, les Potier sont seigneurs de Blanc-Mesnil. Ils
seront comtes puis ducs de Tresmes (en Valois) et de Gesvres (dans
le Maine) et pairs de France. André Potier, marquis de Novion,
avait épousé Catherine Anne de Malon, fille du seigneur de Bercy.
La famille Potier occupera de hautes fonctions auprès du roi,
l’un d’eux sera évêque de Beauvais. Ils seront alliés
aux grandes familles de France : de Luxembourg, de Bourbon-Condé,
de Lorraine et de Savoie. Ils étaient chevaliers et commandeurs de
l’ordre du Saint-Esprit institué par Henri III.
(Daniel Baduel)
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