Le village à travers les siècles 

L’origine et l’histoire du village
Les maires
Lexique
Définitions

Son clocher penché, disparu en 1899, a fait le délice des peintres. Les villages d’Écouen, Bouqueval, Fontenay-en-France et Le Mesnil-Aubry marquent ses limites. Sa population, de tout temps rurale, n’a jamais dépassé les deux cents âmes et atteint aujourd’hui moins d’une centaine d’habitants. Il est situé par-delà Ecouen, dans un pays de labourages qui fut au diocèse de Paris, en pays de France.

  • Implantation humaine

    Des traces d’occupation humaine se révèlent nombreuses. Des fragments d’outils lithiques (silex taillés) et de céramiques découverts sur tout le territoire s’échelonnent du Paléolithique au Moyen Âge. L’époque gallo-romaine est attestée par plusieurs villae (domaines ruraux), notamment aux Thuileaux, site qui a fait l’objet d’une fouille par la JPGF (1972). A noter que l’avenue de Beaumont, longeant ce lieu-dit, est une ancienne voie romaine reliant Goussainville à Beaumont-sur-Oise. Les Grandes Invasions vont ravager les villae . Les habitants se réfugient dans celle qui offre le plus de sécurité ou est la moins endommagée. L’émergence des villages va se réaliser après le déferlement des Barbares. Les populations se regroupent aussi auprès des lieux de culte. Proche de l’église actuelle, une grande parcelle est désignée sous le nom de lieu-dit du Village (sans doute à cause des vestiges qui ont marqué les esprits), du clos appelé la Garenne (réserve de gibier, domaine de chasse réservée) ou de l’Enclos de la Ferme (il y eut une ferme nommée Billy, disparue avant la Révolution). Des fouilles, menées sur cette pièce de terre par la JPGF (1976), ont mis au jour les fondations d’un habitat médiéval où l’abondance de tessons de céramiques et autres objets prouvent une occupation humaine. Ce lieu fut sûrement à l’origine du village actuel. En 1973, des fouilles pratiquées dans la nef de l’église ont mis en évidence des inhumations en cercueils de bois. Précédemment, les ossements d’autres sépultures avaient été rassemblés pour faire de la place. Epars dans les terres, des fragments de poteries funéraires de la fin du XIIIe et du XIVe siècle et de vitraux, plus anciens, prouvent la présence d’un lieu de culte – chapelle – plus ancien à cet endroit.



     Pendant plusieurs siècles et jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, la grande rue du Plessis-Gassot sépara matériellement deux seigneuries : au sud, celle de Thiessonville (112 arpents) appartenant aux Dames de Maubuisson, religieuses cisterciennes demeurant en l’abbaye de Maubuisson, à Saint-Ouen-l’Aumône, maison fondée en 1236 par Blanche de Castille, mère de Saint Louis. Les Cisterciennes ont acquis Thiessonville par donations de divers seigneurs du lieu, ainsi que d’Eremburge la Panisselle, qui se fait religieuse à Maubuisson (1274). Plus tard, cette abbaye accueillera deux jeunes filles Chartier, le père de l’une étant laboureur de ces Dames. Thiessonville est réunie au Plessis-Gassot, il ne restait alors que la chapelle Saint-Leu-Saint-Gilles et un abreuvoir. En 1974, Thiessonville sert de décharge, et plus aucune trace ne subsiste. Au nord, la seigneurie du Plessis-Gassot va passer aux mains des Blancs-Manteaux.



    Ci-dessus : Cour intérieure de la ferme de Sautour. Au-dessus des premières arcades,
    de gauche, la salle où les Blancs-Manteaux rendaient la justice
    .

  • Origine du toponyme

    L’origine du nom du village est très ancienne. Plessis, du latin plectere ou plectare, tresser, entrelacer les branches. Un plessis ou une plesse est une sorte de haie aux branches entrelacées, servant de clôture à une propriété ou un territoire plus vaste. Il est formé de bois mort et/ou de bois vif épineux tressé pour le rendre infranchissable aux hommes et aux bêtes. C’est aussi un système léger de fortification qui retarde l’assaillant.
    Par la suite, les Plessis ont été distingués par le nom de leur seigneur : Le Plessis-Bouchard, Le Plessis-Hébert, Le Plessis-Gassot . Gassot , diminutif de Gasce, prénom porté par plusieurs seigneurs de Poissy, qui sont possesseurs du village à la fin du XIe siècle.
    Nombreux sont les Plessis en France ainsi qu’en Europe, mais leur population est peu importante. Le Plessis-Luzarches (95), Le Plessis-Belleville (60), Plessé (44), Le Plessier-Huleu (02), Plessala (22) ou Pless (Pologne), Plessa (Allemagne), Plessisville (Canada), etc. Bien entendu, ce toponyme (nom de village) devient anthroponyme (patronyme, nom d’homme), Plessis, Plessier, Plessy, Duplessis, Plessis-Praslin, Plessis-Rohan, etc.

  • Eglise

    Construite à l’emplacement d’une chapelle du XIIe siècle, elle est édifiée vers la fin de la première moitié du XVIe siècle. Sous le patronage de la Sainte Vierge, elle est nommée Notre-Dame des Blancs-Manteaux dans les documents anciens. Elle est bâtie de belles pierres calcaire. Son architecture Renaissance est sobre et simple. Elle ressemble aux églises du Mesnil-Aubry, d’Attainville ou de Mareil-en-France dues, également, à l’architecte Nicolas de Saint-Michel, né à Luzarches vers 1520 et mort en 1590. Celui-ci est très influencé par les œuvres de Serlio et de Vitruve. L’édifice comporte deux collatéraux aux fenêtres éclairées par des grisailles. On aperçoit à la clé de voûte un écu chargé de six roses, et plus loin sur une travée du chœur : 1575, date à laquelle l’église fut restaurée après avoir souffert des guerres de Religion. À la suite de la bataille de Saint-Denis, les Huguenots, dans leur retraite, emportent moult objets religieux, profanent et incendient l’église. Le Roux, le vicaire, a consigné les faits dans le registre paroissial du mois de septembre 1567. Mais aussi les troupes royales, vivant sur le pays, avaient causé maints dégâts. Au-dessus du portail principal à l’extérieur, une plaque de marbre noir signale la fin des gros travaux en 1682. La décoration intérieure n’est d’ailleurs pas terminée : sur trois piliers proches du chœur, les tailloirs sont bruts et attendent encore le ciseau du tailleur de pierre.

  • Mobilier


    Des plaques funéraires en marbre sont fixées, l’une sur un pilier à l’entrée portant cette mention ICY GIT, /LAURENT MICHEL/ LABOUREUR RECEVEUR / DE MESSIEURS LES BLANC MANTEAUX / SEIGNEUR DE CE LIEU,  DECEDE LE  3 FEVRIER  1756 AGE DE 43 ANS. / Requiescat in pace. L’autre est disposée sous le clocher, à droite, dont l’inscription est un véritable roman, louant les mérites chrétiens du défunt, François Chartier, chrétien exemplaire, époux fidèle, père tendre, maître bon, ami sincère, etc. Il était laboureur des dames de Maubuisson. Cette inscription diffère en cela de la plupart des épitaphes, qui soulignent les actes publics des morts plutôt que leurs qualités et recommandent les âmes à Dieu. Dans le collatéral gauche, les fonts baptismaux, en marbre noir veiné de blanc, sont constitués d’un pied en balustre et d’une cuve circulaire fermée par un couvercle formé de deux parties hémisphériques. On remarque aussi quelques statues en bois polychrome : saint Nicolas, saint Roch, saint Sébastien qui protègent les habitants ou les animaux domestiques de certains maux (maladies, intempéries, accidents) et un joli chœur formé de panneaux polychromes en chêne avec des scènes de la vie du Christ et des médaillons représentant les apôtres. Deux retables, élégants, sculptés en pierre et en bois sont des XVIe et XVIIe siècles. Dans le clocher est logée une cloche portant cette dédicace : En l’an 1601, je fus faite et suis nommée Marie du temps de M. Simon Chulot prêtre curé de séant. Étant alors marguilliers Acquilin Bonnefoy, Pierre Gressier. C’est la seule des quatre que la Révolution ait consenti à laisser pour servir à l’appel des citoyens, mais aussi en cas d’incendie. Le clocher, plus élancé, penchait, faisant le délice des peintres de la région, nombreux au tournant du XXe siècle. Dans le bas-côté méridional, des dalles funéraires enchâssées dans le pavage du sol, il ne reste que celle du curé Mathieu Robretain, mort en avril 1455, cassée en quatre parties et celle de Georges Pruvost, décédé 13 septembre 1584. L’inscription en lettres gothiques court sur le pourtour de la pierre et le curé est représenté en habit sacerdotal.

     Le Christ au Jardin des Oliviers (B.N.). Le plessis (plesse = haie) est constitué
    de piquets verticaux et de branches entrelacées .

     L’origine et l’histoire du village

Un document de 1196 relate le procès concernant les dîmes entre Saint-Martin-des-Champs et Saint-Martin de Pontoise d’une part et les chanoines de Saint-Denis-du-Pas à Paris, d’autre part. Ce document explique que l’actuelle église du Plessis-Gassot fut jadis une chapelle de Fontenay-en-France et que maintenant c’est l’église mère – c’est-à-dire qu’elle est devenue l’église du territoire du Plessis-Gassot. Démembrée de Fontenay, elle est devenue une commune à part entière. Contrairement à ce que l’abbé Lebeuf pensait. Il voyait plutôt la cession d’une parcelle du Mesnil-Aubry ou de Bouqueval pour constituer le village. Mais aucune source, comme il en convient, n’étaie sa proposition. Le Plessis-Gassot fait partie aux XIIIe-XIVe siècles du domaine royal. Philippe V le Long, vers 1320, en fait présent à Simon de Mauregard puis à son fils Thibaud. En 1333, la seigneurie est entre les mains de Philippe de Trie, seigneur de Fontenay et de Mareil. Philippe de Trie la vend à Gilles Malet, seigneur de Fontenay et Villepêche. Gilles d’Azincourt en jouit en 1442. La seigneurie passe en diverses mains et, en 1460, Arnould Boucher, puis Étienne Boucher la détiennent. Puis, ce domaine passe par succession en 1492, à Antoine Robert, l’un des quatre notaires et secrétaires de François Ier. Le 15 juillet 1521, conjointement avec son épouse Marguerite Boucher d’Orsay, il lègue la seigneurie aux Guillemites de Paris, couvent de Saint-Guillaume puis des Blancs-Manteaux. Le couple demande pour cela une messe perpétuelle avec le salut Ave verum. Ces Guillemites, appelés par la suite Blancs-Manteaux, appartiennent à un ordre mendiant. Antoine Robert aurait légué sa seigneurie de 650 arpents afin qu’ils n’aient plus à mendier. Les Blancs-Manteaux comparaissent comme seigneurs à la Coutume de Paris en 1580. Ces religieux n’habitent pas le village et afferment leurs biens depuis leur couvent à un laboureur. Ce dernier devient laboureur-receveur pour les Blancs-Manteaux. Il est chargé de recevoir et de percevoir les redevances, les prestations en nature et en argent à leur place et de les porter en leur couvent de Paris. Il est leur représentant, petit chef de village. Une dynastie se forme, on devient laboureur-receveur des religieux de père en fils. Ils ont pour nom : Chartier. À la Révolution, ils achètent comme biens nationaux les bâtiments et les terres confisqués aux religieux. Cette famille reste à la tête du village jusqu’en 1940 avec Fernand Chartier, maire, révoqué par Vichy. Cette famille n’exercera plus aucune fonction municipale.

Les Blancs-Manteaux, hauts justiciers, rendent la justice en leur ferme de Sautour où ils disposent d’une salle à cet effet. Le fief de Billy comporte aussi une ferme. Ils ne repartent jamais de leur seigneurie s’en emporter pommes, poires, chapons et légumes. En 1768, les multiples conflits avec les seigneurs de Bouqueval poussent les Blancs-Manteaux à abandonner leur titre de seigneur pour échanger Le Plessis-Gassot avec le prince de Condé, seigneur d’Écouen et qui cherche à étendre sa juridiction. En échange, il promet une terre d’un revenu de 600 livres par an. Affaire qui doit se réaliser dans les dix ans. Louis XV donne son accord, Condé est libre de mener toute transaction. Las ! Son Altesse Sérénissime le prince de Condé tarde à fournir les terres promises. Elle s’acquitte cependant régulièrement de la rente et des devoirs féodaux, mais les religieux s’inquiètent et entament un procès. Ils chicanent et tergiversent tant que la Révolution met un point final à la procédure. Les Ursulines détiennent deux petites fermes à l’entrée du village. Les Potier deviendront par alliance seigneurs du Plessis-Gassot.

  • Les guerres mondiales

    Les deux guerres mondiales n’épargnent pas les hommes du village qui sont enrôlés et doivent quitter leur exploitation. Les femmes vont en prendre énergiquement les rênes. Bien que non préparées, elles assument, seules, toutes les tâches agricoles du labourage, des semailles, des récoltes, de l’entretien des animaux et de l’écoulement des produits. Au cours du premier conflit deux soldats furent tués en 1916 dans la Somme : Pierre Dorléans et Emile Aubert. Lors de la Seconde Guerre mondiale des officiers et des soldats de l’armée américaine trouvent la mort dans un accident d’aviation, le 18 janvier 1945. Dans le cimetière, un monument rappelle leur sacrifice. Des suites de captivité, Jean Lermuseau, du Plessis-Gassot, décédait le 16 juin 1945.

    Ci-dessus : Notre-Dame des Blancs-Manteaux.

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